samedi 15 novembre 2014

Épître sentimentale du jeune employé à sa Patronne

Madame, ce serait ignoble de vous faire
Part de ce que j’ai toujours aspiré vous dire,
Les habitudes entre nous visent le contraire.
Un môme, c’est ce que vous pouvez en moi lire.

Vous êtes cousue d’or, mais moi un indigent;
Veuve du ministre, vous baisez vos besoins,
Moi, un pupille à vos services sans argent,
Déserté après la mort des miens dans un coin.

Mon jeune âge par rapport au vôtre témoigne
Cet art de cupidon, celui qui ne supplie
Jamais de printemps égal pour qu’un cœur se joigne
À un autre afin d’architecturer leur vie.

Vu toutes ces nuances, j’ai du boucher les yeux
Sur le métal blanc et les ouvrir sur le câble
Qui unit deux cœurs même après leurs adieux,
Voire unir avec passion les plus misérables.

Pour ce que vous êtes, j’ai le trac d’exprimer
Avec dynamisme tout ce que mon organe
A votre égard ressent, lequel est le dernier
Émoi qui hante tout mon esprit et mon crâne.

Près de vous j’assujettis le regard ailleurs,
De loin toujours est-il, votre posture éveille
Mes fibres jusqu'à faire répandre l’odeur
De votre parfum sur mon lit quand je sommeille.

Votre voix me rend rond comme une queue de pelle,
Votre éloquence dans le monde littéraire
C’est comme une peinture de la Citadelle,
Vos douillettes c’est comme la peau de ma chair.

Arrivé chaque jour, vers vous premièrement
Je pointe la tête pour vous glisser un doux
Adage qui excite ce rire éminent
Qui active mon nerf et détruit mon courroux.

J’embrasse fort votre grâce d’être amoureux
De vous éperdument, puisque mes sentiments
S’explosent d’anxiété et de peur quand je veux
Aller vous servir avec assouvissement.

Prière d’appréhender avec votre cœur,
Chère madame, le patois de cette lettre
Dans laquelle j’ai tout laissé dire avec ardeur.
Votre écho sera la peinture de mon être.

Mésilien Wedson
Wed

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire